Date : 6 mars 2019

Horaire : 15.45-17.15

Président : Gilles ROUET, Director of the ISM, university professor, France

Panélistes

Afin de répondre à ces questions, plusieurs intervenants partageront leurs expériences, pratiques et recherches, à savoir :

Contexte

L’avènement de la Ville intelligente vu sous l’angle de l’évolution des villes, en top down et/ou en bottom up, entraîne ou est concomitant à une transformation des gouvernances. Pour reprendre la typologie de J. Pierre (1999), il s’agirait, tout à la fois, de gérer efficacement (et avec efficience) les services publics (comme les services marchands), d’intégrer les groupes d’intérêts dans la préparation des décisions, voire de mettre en place des instruments de démocratie participative, d’améliorer le bien-être collectif dans une démarche inclusive et, généralement, en tentant de favoriser le développement économique en espérant une croissance. Des logiques de résultats s’articuleraient ainsi avec des logiques de processus, sans qu’il soit toujours possible de distinguer une éventuelle hiérarchisation des objectifs dans ces projets, outils de l’action publique.

La gouvernance des Smart Cities peut être centrée sur le citoyen/usages ou sur des groupes d’intérêts ; les innovations peuvent être au service d’une recherche de profit par des prestataires ou bien intégrées par les habitants dans leurs pratiques ; les données, au centre des nouveaux dispositifs, peuvent constituer le fondement même de la création de valeur sans pour autant qu’un retour vers leurs producteurs ne soit clairement organisé et, enfin, la participation des citoyens peut s’avérer illusoire, impossible ou encore inadaptée.

La multiplicité des partenariats public-privé dans les projets de smart city induit une nouvelle distribution des rôles, à la fois pour l’amélioration des services publics (enjeu de la gouvernance publique) et pour le développement de plateformes participatives pour les citoyens (condition de validation et de légitimation de la gouvernance publique) et il s’agit de comprendre comment s’articulent les différents acteurs et leurs objectifs. Les données sont exploitées par des algorithmes, qui peuvent s’imposer comme nouvelles formes de gouvernance publique (Rouet, 2019), dans une idéologie de neutralité et d’efficacité accrue puisque les erreurs humaines en sont évacuées (Kitchin, 2015).

Questionnement

  • Comment envisager la gouvernance publique des smart cities dans une démarche partenariale avec les acteurs privés ? Comment articuler les différents objectifs et enjeux ?
  • Les résultats de services publics devenus plus efficaces peuvent-ils être les seuls motifs de légitimation par les citoyens ?
  • La smart city et ses dispositifs/processus sont-ils en mesure, dans le contexte actuel, d’améliorer la participation citoyenne ? Comment ?
  • Les dispositifs et processus peuvent-ils, finalement, aboutir à une déresponsabilisation des décideurs publics ?

Références sélectives

Kitchin, R., (2015), « Making sens of smart cities: addressing present shortcomings », Cambridge Journal of Regions, Economy and Society, 8(1), pp. 131-136.

Pierre, J. (1999), « Models of Urban Governance. The Institutional Dimension of Urban Politics », Urban Affairs Review, 34(3), pp. 372-396.

Rouet, G. (dir.) (2019), Algorithmes et décisions publiques, coll. Essentiels Hermes, Paris, CNRS éditions, à paraître.

 

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