Date : 6 mars 2019

Horaire : 13.00-14.30

Président: Pascal GAUDRON, Directeur de la recherche et de l’innovation, CHU de Rennes (France)

Panélistes

  • Hervé BARGE, Directeur Général, Agence eSanté (Luxembourg)
  • Laetitia HUIART, Directrice du « Department of Population Health », Luxembourg Institute of Health (Luxembourg)
  • Dr. Michael WITSCH, Pédiatre, Diabétologue/Endocrinologue, Chef de projet DOP@MIN, Centre Hospitalier de Luxembourg (Luxembourg

Contexte

La Ville Intelligente – ou Smart-City – s’appuie sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication et divers dispositifs connectés contribuant à améliorer, d’une part, le bien-être et la santé de ses habitants, et d’autre part, l’efficacité du système de santé. L’ensemble de ces innovations technologiques bouleverse l’organisation médicale et créé de nouvelles opportunités redéfinissant la santé de demain. Quatre dimensions majeures seront abordées lors de cette table-ronde.

  1. Développer les approches préventives. Le comportement, produit de l’action individuelle, est un déterminant clé de la santé des personnes. Promouvoir des comportements sains et motiver les changements individuels de comportements sont des dimensions incontournables des territoires connectés. Avec la diffusion croissante des objets connectés et de leurs applications dédiées associées (nutrition, activité physique, mobilité active…), les utilisateurs sont sensibilisés et encouragés à agir selon des comportements actifs et sains permettant de contribuer à une vie en bonne santé.
  2. Améliorer la veille sanitaire. De nombreux exemples de crises sanitaires montrent qu’il est indispensable de prévenir des situations potentiellement porteuses de risques. Afin d’accroitre la veille sanitaire et de mieux anticiper les crises de santé populationnelles, les technologies de l’information et de la communication accroissent les capacités de surveillance épidémiologique et fournissent des systèmes d’alertes aux différentes autorités compétentes. Ainsi, un ensemble d’outils méthodologiques et organisationnels (surveillance, vigilance) offrent un support sans précédent aux missions de veille et d’aide à la décision face à de potentiels événements majeurs. De tels outils permettent notamment de mieux anticiper et d’être plus réactif dès les premiers signaux d’un incident majeur.
  3. Optimiser le recours au soin des patients. La e-santé a également des répercussions directes sur l’organisation du système de santé, la qualité des soins et le coût des actes médicaux. Le recours à la digitalisation suscite des attentes fortes notamment dans l’optimisation de l’utilisation des ressources et l’amélioration de l’efficacité du système de santé. Le développement d’un dossier patient numérique, l’échange facilité d’informations entre différents acteurs hospitaliers et de ville prestataires, le développement des prises en charge médicales ambulatoires sont autant d’exemples d’optimisations qui contribuent à mieux soigner et à réduire les inégalités sociales et spatiales.
  4. Contribuer aux progrès de la médecine. Les nouvelles technologies contribuent également aux progrès de la médecine. Elles interviennent dans tout au long des parcours de soins, de la consultation (télémédecine…) à l’aide au diagnostic (intelligence artificielle, machine learning…), en passant également par des actes techniques (robotique chirurgicale, téléchirurgie…) et des suivis post-traitements. Ces technologies permettent de lutter contre la désertification médicale, améliorent l’efficience du système des soins, contribuent à une meilleure connaissance et à une interprétation plus ciblée des symptômes pathologiques. Elles rendent également plus efficiente la collaboration entre professionnels de la santé, et offrent un suivi adapté de l’état de santé du patient et de ses traitements (dossier médical personnalisé).

A travers ces principales dimensions, les membres du panel discuteront notamment des changements à venir dans l’organisation et les principes de travail de la médecine de demain.

Questionnement

  • Quelles sont les avancées récentes dans les approches préventives ? Ces nouvelles applications de e-health sont-elles réellement d’une efficacité à moyen et de long termes ?
  • Comment les territoires connectés contribuent-ils à mieux anticiper des situations de crises sanitaires et mieux alerter les autorités compétentes ? L’échange de données étant le cœur de systèmes d’alertes, comment regrouper, relier et rendre efficace cet échange de données tout en garantissant la confidentialité des données échangées ?
  • Comment la e-santé contribue-elle à améliorer le système de santé ? Le numérique, qui réduit les distances, réduit également le contact direct entre patient et professionnels de la santé. N’y a-t-il pas un risque d’isoler un patient ? Par ailleurs, le numérique ne contribue-t-il pas à des réductions de postes au détriment d’une qualité des soins ?
  • Quelles sont les avancées technologiques qui contribuent aux progrès de la médecine ? Parmi ces avancées, la digitalisation à travers l’intelligence artificielle, la robotique et toutes les technologies apparentées bouleverse le secteur de la santé. La médecine caractérisée par spécialisations pointues est-elle capable de s’adapter et d’absorber ces nouvelles orientations ?
  • Malgré leur contribution notable à l’amélioration globale de la santé, les territoires connectés ne participent-ils pas en même temps à une aggravation des inégalités de santé (inégalités spatiales, inégalités sociales…) ?

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