Date : 6 mars 2019

Horaire : 09.30-11.00

Président : Laurent ROUACH, membre du comité de LuxReal, CEO Eliacin (Luxembourg)

Panélistes

Afin de répondre à ces questions, plusieurs intervenants partageront leurs expériences, pratiques et recherches, à savoir :

  • Mondher CHARGUI, Senior Transport Specialist, Banque Européenne d'Investissement (Luxembourg)
  • Fabio D'AVERSA, Advisory Partner, PwC Luxembourg (Luxembourg)
  • Kamil DÖRFLER, Senior Urban Specialist in Project Directorate, Banque Européenne d'Investissement (Luxembourg)
  • Denis HAMEAU, Conseiller Délégué Enseignement Supérieur et Innovation, Chargé du projet OnDijon Human Smart City, Ville de Dijon (France)
  • Julien LICHERON, Urban Development and Mobility, Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) (Luxembourg)

 

Contexte

Ce siècle a vu, à l’échelle du globe, les populations urbaines dépasser les populations rurales.

En 2050, la population mondiale devrait s’établir à 9 milliards de personnes dont les 2 tiers vivront en ville, notamment dans plus d’une cinquantaine de mégapoles.

De nombreux territoires ont du mal à suivre cette urbanisation galopante qui se traduit par d’importants impacts sur l’environnement et la santé, du gaspillage énergétique, de l’exclusion sociale et en conséquence, une qualité de vie qui se dégrade.

Ces changements démographiques requièrent de la part des Collectivités des initiatives pour gérer ces défis et s'y adapter : Une des puissantes réponses est l’intelligence des territoires.

La Smart City, conçue sur la convergence des technologies de la communication, de l’information et des infrastructures, vise à améliorer la vie urbaine, à augmenter l'efficacité des services et, partant, cette qualité de vie.

Cette « intelligence » ambitionne de répondre aux besoins des Collectivités, des entreprises et des citoyens en conciliant les dimensions environnementales, sociales et culturelles.

  • Elle s’appuie sur le digital (capteurs, production de données, outils d’analyse) conduisant à des évolutions organisationnelles et sociétales.
  • Elle concerne principalement l’économie de la mobilité, la gestion de l’énergie, la gestion de la data, le collaboratif.
  • Elle vise comme but ultime à rendre les villes plus durables, plus économes, plus proches de leurs citoyens et à répondre de manière pertinente à des problématiques qui sont appelées à croître : Une ville intelligente est aussi une ville qui fait mieux avec moins.

Toutefois, cette Promesse dépasse généralement les capacités des Collectivités et se heurte souvent à leurs priorités budgétaires à court terme.

Due à une évaluation des coûts encore incertaine, au caractère expérimental de beaucoup de projets, à la nature transversale impliquant différents services, les Collectivités peinent à trouver les modèles économiques et les modèles d’entreprises viables : Ces nouvelles stratégies de financement, qui garantissent le déploiement de l’innovation et la pérennité (y compris financière) du service, sont un enjeu majeur pour l’avènement de la Smart City..

Pourtant, de nombreux investissements dans la Smart City ont prouvé leur rentabilité à moyen terme mais ne sont pas, faute de ressources, déployés à plus grande échelle. C’est entre autres le cas dans le domaine de l’énergie (gestion smart de l’éclairage ou des bâtiments publics). En France, une étude du cabinet Roland Berger montre que les économies générées par l’intelligence des territoires pourraient atteindre 9,2 milliards d’euros en 2025, alors qu’une étude de Siemens identifie un certain nombre de « petites » initiatives qui pourraient générer des économies permettant de payer l'investissement pour un montant de 6,6 milliards d'euros.

La taille du marché mérite l’intérêt : Aux États-Unis, selon MarketsandMarkets, il atteindrait 147,5 milliards de dollars en 2020.

Il s’agit donc de mobiliser différentes sources ou d’imaginer de nouvelles collaborations dans le but de financer et gérer des équipements ou des solutions assurant ou contribuant à un service public.

La créativité et l’innovation technique doivent donc être recherchées également au niveau financier.

Quels sont donc ces nouveaux modèles et outils de financement pour la disruption des projets d'infrastructure dans les projets de Smart City ?

Quels sont les modèles économiques prometteurs associés à ces projets d'infrastructure urbaine pour permettre aux autorités publiques de retrouver une marge budgétaire ?

Questionnement

  • En dégageant un consensus sur les métriques et externalités à prendre en compte pour attribuer à un territoire le statut de ville intelligente, quels sont les couts pour atteindre qualité de vie dans le respect des usagers résidents ou de passage : les investissements dans des technologies numériques et ceux relatifs à l'aménagement de l'espace urbain, simplement?
  • En fonction des projets (type, durée, montant) quelles différentes options de financement peuvent être envisagées ?
  • Délégations de service public, Marchés de partenariat (comme le contrat de performance qui associe Dijon à plusieurs entreprises privées pour un montant supérieur à 100 m€), sociétés à capitaux mixtes de nature à faciliter la coordination entre les acteurs ?
  • Le déploiement de mécanismes de remboursement des investissements gagé sur la génération des économies fonctionne-t-il à grande échelle ? Comment rendre des aménagements urbains (bâtiments, quartiers, infrastructures privées et publiques) financièrement autonomes grâce aux nouvelles technologies? Achat/revente d'électricité, chauffage entre bâtiments

D’autres outils peuvent être envisagés :

  • Les investissements dans des projets bas carbone jouent souvent un rôle important dans la Smart City, la finance verte (Green bonds) peut-elle constituer un levier ? ou bien d’autres instruments à impact social ?
  • Le crowdsourcing dans des projets co-construits avec des citoyens impliqués dans la définition du projet, son financement, voire dans sa réalisation concrète peut-il également constituer une voie ?
  • Une évolution des usages vers la mise à disposition d’un service plutôt que l’acquisition d’un bien peut-il être déployé à l’échelle de la ville intelligente ?

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